Junku Nishimura

Japon
Junku Nishimura

Né en 1967 dans un village minier de la province de Yamaguchi, à l’ouest de l’île de Honshu (Japon), Junku Nishimura grandit dans une famille de cultivateurs de riz. Répondant, à 18 ans, à l’appel de la ville, il entame des études d’espagnol et d’histoire latino-américaine à Kyoto. Le soir, il est DJ au « Life in Hood », un club fréquenté par les soldats américains – et dont le nom a donné son titre à la série présentée ici. Son premier contact avec l’image remonte à l’époque où, envoyé par l’entreprise de matériaux de construction Taiheiyo sur des chantiers, il photographie discrètement les ouvriers. Au vu de ses clichés, un ami artiste l’encourage à poursuivre dans cette voie. Junku Nishimiura, qui dit trouver son inspiration aussi bien auprès du photographe de guerre Kyoichi Sawada (1936-1970), du cinéaste finlandais Aki Kaurismäki (né en 1957) et des mineurs soûls que dans le cinéma japonais des années 1970 et la musique folk, a obtenu une reconnaissance internationale depuis qu’il a posté ses photos sur la plateforme de partage Flickr. Il est récemment retourné cultiver la terre aux côtés de son père âgé, où il continue la photographie.

Commissaire : Kevin Wy Lee

www.junkunishimura.com
Série

Life in hood

Photoquai 2015

Mélancolie et nostalgie sont, pour Junku Nishimura, des choix délibérés. Il se sert d’un vieil appareil télémétrique couplé avec un objectif et développe lui-même ses photos. Ses tirages noir et blanc emplis d’âme sont imparfaits, un peu flous, impressionnistes. Ce dispositif esthétique est aussi un outil critique de la modernité, de l’ordre établi, du progrès et de la culture contemporaine. Au fil des portraits qui constituent cette série – réalisés, pour beaucoup d’entre eux, de nuit, dans des bars – il est question d’amis et d’inconnus entonnant ensemble l’hymne disparu à un pays fier, et des murmures d’un peuple, d’une famille, ou d’un homme seul.

depuis 2006

vidéo

Interview Junku Nishimura