Mila Teshaieva

Ukraine
Mila Teshaieva

Née en 1974 à Kiev (Ukraine), Mila Teshaieva vit aujourd’hui à Berlin (Allemagne). Économiste de formation, elle s’est tournée vers la photographie documentaire en 2004. À partir de cette date, elle a entrepris des projets au long cours dans les républiques de l’ex-URSS, plus particulièrement dans les régions du Caucase et de la mer Caspienne. De son travail associant photographie, vidéo et textes, elle dit qu’il lui permet d’explorer l’influence des politiques passées et actuelles sur la société.

Commissaire : Liza Faktor

www.milateshaieva.com
Série

Promising waters

Photoquai 2015

Lorsqu’elles ont émergé, il y a vingt ans, de la dislocation de l’Union soviétique, les républiques d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Turkménistan ont dû affronter un formidable défi : celui de se constituer en nations indépendantes. Avec l’espoir et l’ambition pour moteurs, elles ont cherché à s’intégrer dans l’économie mondiale, faisant de l’enjeu du pétrole une promesse de fierté nationale retrouvée. Partout sur les rivages de la mer Caspienne ont surgi des projets pharaoniques. Cette prospérité de façade cache cependant un désert, où des hommes et des femmes tentent de survivre. Au cours de son premier voyage dans la région, en 2010, Mila Teshaieva a vu dans ce lac salé, qu’on appelle mer, et qui recèle de considérables gisements d’hydrocarbures, une métaphore des serments éternels, une source d’espoir et de vie en lui-même. Les séjours suivants lui ont servi à montrer comment, en même temps qu’elle enrichit les capitales des républiques d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Turkménistan, l’industrie pétrolière contribue à la dégradation de l’environnement et au déplacement des populations. De villages de pêcheurs en mégapoles rutilantes, la photographe a suivi les tournants de l’Histoire, en comparant les anciens symboles de fierté aux actuelles fictions orchestrées. Pour elle, les efforts déployés par les États de la région pour se construire une image équivalent à des performances théâtrales. C’est ce qu’elle a voulu traduire dans ses images. Plutôt que d’affirmer des faits, elle prend soin de laisser le spectateur s’interroger.

2010-2013