Supranav Dash

Inde
Supranav Dash

Né en 1977 à Asansol, dans l’Etat du Bengale (Inde), Supranav Dash a grandi à Calcutta. D’abord tenté par une carrière artistique, il suit une formation de comptable pour rassurer son père. En 1997, il photographie sans relâche les fêtes de Durga, l’une des plus importantes célébrations de la religion hindoue. C’est alors que sa passion prend le dessus. Il ouvre ensuite son propre studio, et obtient en 2014 le diplôme de photographie de l’École des arts visuels de New York, où il vit et travaille désormais. En 2014, il a reçu le Grand prix, catégorie « Portraits », du Festival international de la photographie de Los Angeles.

Commissaire : Frank Kalero

www.supranavdash.com
Série

Marginal Trades

Photoquai 2015

Pour cette série, Supranav Dash dit s’être inspiré d’Eugène Atget (1857-1927), d’August Sander (1876-1964), et d’Irving Penn (1917-2009) qui, tous, ont photographié « les petits métiers ». Il cite également le travail ethnographique que John Forbes Watson et John William Kaye ont réalisé en Inde, de 1868 à 1875. « En Inde, l’activité professionnelle a longtemps été dépendante du système des castes. Un métier se transmettait de père en fils, et pas question d’y déroger. Ce modèle qu’on croyait immuable a été mis à mal par la mondialisation et son corollaire d’évolutions socio-économiques. Revenu dérisoire, insuffisance des réformes, manque de reconnaissance de la part des « privilégiés » et désir, donc, de s’émanciper d’un système archaïque ont fait qu’aujourd’hui, certaines professions ont disparu, tandis que d’autres se raréfient. Avide de perspectives plus lucratives, la nouvelle génération refuse cet héritage. L’Inde entière tourne le dos à ses pauvres. Si je n’ai rien contre le progrès, dans la frénésie actuelle, il me paraît fondamental de ne pas oublier d’où nous venons. Pour y parvenir, j’ai élaboré une méthode : sur un marché ou à un carrefour, je tendais une toile de fond et j’installais des projecteurs. Dès que je repérais un sujet, j’allais à sa rencontre pour lui expliquer mon projet. Le plus difficile a été d’amener ces personnes jusqu’à mon« studio ». C’est une chose d’être pris en photo par les touristes, c’en est une autre d’être ainsi mis en scène. Elles se méfiaient : à force d’être exploitées par un système corrompu, elles avaient du mal à distinguer ma requête de l’injonction d’un policier. » – Supranav Dash

depuis 2011

vidéo

Interview Supranav Dash