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Photo My ants (1)

Pays
Tanzania
Photopraphe
Sameer Kermalli
Nom de la photo
My ants (1)

Photo actuelle :

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Photo qui représente My ants (1)

© Sameer Kermalli © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Sameer Kermalli

D’origine indienne, Sameer Kermalli est né à Dar es Salaam, où il réside toujours. Son premier appareil photo, un Fujifilm 110, l’accompagne durant toute sa scolarité. À la veille de son départ pour l’université d’Ankara, en Turquie, son père lui offre un Olympus. De retour en Tanzanie, Sameer travaille comme éditeur dans une imprimerie, et collabore au magazine d’une compagnie aérienne nationale. C’est à cette époque qu’il investit dans le Nikon D-SLR qui ne le quittera plus. Il est photographe free-lance depuis 2009.
Pour cette série, Sameer a utilisé une optique macro, à l’opposé exact de la pratique qui prévaut au pays du safari photo.
« Je suis en train de me servir un verre de jus de rose lorsqu’une gouttelette de sirop coule le long de la bouteille et se répand sur le comptoir. Une seule petite goutte, mais elle suffit à nourrir une centaine de fourmis. L’éclaireuse, d’abord, qui, après s’être sustentée, rentre à la maison signaler aux autres le trésor qu’elle a trouvé. En quelques secondes se forme une file de fourmis allant et venant, l’abdomen gorgé d’eau sucrée. Dans un sens, la ligne noire, dans l’autre, la ligne rouge : j’ai mis un moment à réaliser que la couleur provenait du sirop ingurgité.
La plupart des maisons de Dar es Salaam ont le “privilège” d’être visitées par de petites fourmis noires. On les voit partout où il y a de l’eau ou de la nourriture. Quand il fait chaud, elles s’activent à la recherche de miettes qu’elles rapportent chez elles, dans le béton fissuré des maisons. Pendant les grosses chaleurs, il semble qu’elles préfèrent l’eau. Je les ai vues encercler un verre d’eau glacée couvert de condensation, puis transporter l’eau jusqu’à chez elles. Je me demande bien ce qu’elles en font… Amoureux de la nature, je suis fasciné par ces “micro-événements”. Arrive un moment où l’affluence est telle qu’il n’y a plus assez de place autour de la goutte. Les secondes grimpent sur le dos des premières dans le but d’attraper ce qu’elles peuvent. Or, ce n’est pas par avidité qu’elles agissent de la sorte. Elles collectent de l’eau pour les retardataires qui n’en ont pas encore profité. J’observe souvent les fourmis vaquant à leurs occupations, et je suis émerveillé par les leçons de vie qu’elles prodiguent. Mes fourmis et moi cohabitons bien. J’ai plaisir à leur laisser des miettes, parfois accidentellement, parfois sciemment. En retour, elles font le ménage en ramassant un tas de choses que je ne voyais même pas.
»

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