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Photo Photo Fiction (1)

Pays
India
Photopraphe
Shailabh Rawat
Nom de la photo
Photo Fiction (1)

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© Shailabh Rawat © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Shailabh Rawat

Shailabh Rawat est né en 1958 dans l’État de l’Uttarakhand, en Inde. Il vit et travaille à Delhi.

Shailabh Rawat signe les Photo Fictions depuis leur création, en 1988, dans le mensuel Madhur Kathayen (« Belles Histoires »). Ce magazine grand public a été le premier, en Inde, à diffuser ces bandes dessinées photographiques à caractère érotique. Publiées d’abord en noir et blanc et en hindi, elles sont passées à la couleur dans les années 1990, et se sont enrichies d’une version anglophone qui paraît dans le magazine Crime & Detective depuis 1992. Bien que tiré à 100 000 exemplaires, on estime que Madhur Kathayen est lu par 2 millions de personnes car chaque numéro passe entre les mains d’une vingtaine de lecteurs. En effet, ce genre de lecture ne se ramène pas à la maison : on l’achète dans une gare avant de prendre le train et on le revend à l’arrivée à un kiosquier qui, à son tour, le revend d’occasion.
Si, à l’origine, Shailabh Rawat était maître d’œuvre sur tous les postes (écriture, story-board, direction d’acteurs, photos, maquette…), il s’est désormais entouré d’une équipe, laquelle produit cinq à six épisodes de Photo Fictions au cours d’une semaine de travail non-stop, organisée dans des studios de Delhi ou de Bombay.
S’inspirant de faits réels, Shailabh Rawat s’évertue à aborder un sujet de société par histoire. Si celles-ci accumulent généralement les thèmes “vendeurs” – sexe, alcool et argent – elles abordent également diverses problématiques récurrentes : adultère, mensonge, chantage, vengeance, humiliation, prostitution, meurtre… Prenant soin de ne jamais franchir la ligne jaune, les Photo Fictions n’ont pas eu à subir la censure. Le seul numéro ayant suscité une réaction traitait, en 1994, d’une relation homosexuelle entre hommes.
Proches de l’esthétique Bollywood, les Photo Fictions ont bien leur place dans la photographie populaire indienne. On pourrait même considérer qu’elles sont plus en phase avec la culture du pays que bien des travaux d’artistes reconnus dont les œuvres se sont en grande partie occidentalisées au contact du marché international de l'art. Elles touchent à des faits à la fois locaux et universels, quotidiens mais tabous, très révélateurs d’une société pétrie de paradoxes, et qui doit en permanence digérer d'intenses contradictions pour se construire un futur aussi démocratique que possible.

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