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Photo Cimetière de Colon à La Havane (1)

Pays
Cuba
Photopraphe
Alfredo Sarabia
Nom de la photo
Cimetière de Colon à La Havane (1)

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Photo qui représente Cimetière de Colon à La Havane (1)

© Alfredo Sarabia © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Alfredo Sarabia

Fils de photographe, Alfredo Sarabia, né à La Havane en 1986, est diplômé de l’Académie des arts plastiques San Alejandro et de l’Institut supérieur des arts de La Havane. Il a fréquenté l’atelier de la fondation Ludwig de Cuba et a participé à plusieurs expositions collectives. La Fototeca de Cuba lui a consacré une exposition personnelle en 2009.

Le travail d’Alfredo Sarabia est hanté par ses angoisses, à la limite du cauchemar. Ses différentes séries sont mues par la nécessité d’interroger son identité, son avenir incertain. L’une d’elles, sur laquelle il continue de travailler, traite de l’omniprésence du buste de José Martí à Cuba. L’écrivain, théoricien et fondateur en 1891 du Parti révolutionnaire cubain – considéré, à ce titre, comme l’un des pères de l’indépendance du pays –, est un héros national. Son effigie se trouve partout sur l’île, des écoles primaires au Parlement, des places de villages aux plus petits squares des villes, jusqu’aux cours d’immeubles. En plâtre, en béton ou en plastique blanc, les statues se dégradent. C’est cette présence marquée par l’outrage du temps qu’Alfredo Sarabia compile, en noir et blanc, comme un inventaire qui n’en finit pas.
Sa série la plus remarquable, celle où il se met directement en cause, dans laquelle il se risque, est celle qui est présentée ici. Marchant en équilibre sur le long mur d’enceinte du cimetière Colon, à La Havane – la plus grande nécropole d’Amérique latine –, il photographie à la fois le territoire des morts et la ville qui l’entoure. Côté cimetière, un homme traîne une croix ; côté rue, un autre téléphone... On suit Alfredo Sarabia à son ombre portée ; il la saisit de part et d’autre du mur, tel un funambule et au risque, parfois, de tomber.
Il développe actuellement un nouveau travail, sur l’horizon. Comme s’il se demandait désespérément quel est le sien.

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