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Photo Coastal promenade (1)

Pays
Bahrain
Photopraphe
Camille Zakharia
Nom de la photo
Coastal promenade (1)

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Photo qui représente Coastal promenade (1)

© Camille Zakharia © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Camille Zakharia

Camille Zakharia est né en 1962 à Tripoli, au Liban. En 1985, son diplôme d’ingénieur en poche, il fuit le pays en proie à la guerre civile. Après avoir séjourné aux États-Unis, en Turquie, en Grèce et à Bahreïn, il s’inscrit en 1995 au Nova Scotia College of Art and Design de Halifax, au Canada. Diplômé en 2000, il décide de s’installer définitivement à Bahreïn. Il participe à de nombreuses expositions solo et collectives au Moyen-Orient, en Europe, au Canada et aux États-Unis. En 2009, il figure parmi les finalistes du Jameel Prize for Islamic art du Victoria and Albert Museum de Londres.

Coastal Promenade est une commande du ministère de la Culture de Bahreïn, qui s’inscrit dans le cadre du projet Reclaim présenté par cet émirat dans son pavillon, sacré Lion d’or, à la Biennale d’architecture de Venise en 2010. Cette série témoigne de l’état actuel des côtes de l’archipel, dévastées au cours de ces dernières années par la pollution liée aux activités pétrolières et par les transformations urbaines. Souvent situées à la périphérie des villes, ces zones délaissées par la population se sont progressivement transformées en no man’s land.
Face à cette tragédie, Camille Zakharia a cherché, dans la grande tradition de la pratique documentaire, à répertorier les paysages et l’architecture en bord de mer. Il décrit ainsi des contrées solitaires sans arbres ni plantes, sans hommes ni animaux. Ces paysages, figés sous un ciel sans nuage, sont parfois ponctués de petites cabanes de pêcheurs. D’une beauté fragile et banale, ces lieux de vie sont les derniers vestiges d’une culture en déclin. En effet, cette « architecture sans architecte », selon l’expression du photographe, est menacée par l’urbanisme galopant et par les profondes mutations de la société. Isolés, étrangement vides, ces modestes cabanons témoignent parfois d’une présence humaine, à l’image de ces coussins, qui, jetés sur une banquette, évoquent les douceurs d’une sieste de fin d’après-midi.
Teintés d’une douce mélancolie, ces paysages se soustraient à toute temporalité. Ils agissent sur le spectateur comme les images d’un rêve, l’invitant au recueillement et à la contemplation. Ainsi, cette promenade autour du littoral est-elle vécue comme une invitation à voyager dans le temps, comme un dernier sursaut avant l’agonie.

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