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Photo mer.rily, mer.rily, mer.rily, mer.rily. (1)

Pays
Malaysia
Photopraphe
Minstrel Kuik
Nom de la photo
mer.rily, mer.rily, mer.rily, mer.rily. (1)

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Photo qui représente mer.rily, mer.rily, mer.rily, mer.rily. (1)

© Minstrel Kuik © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Minstrel Kuik

Minstrel Kuik, d’origine chinoise, est née en 1976 à Pantai Remis, en Malaisie. En raison de quotas qui réservent aux Malaisiens l’accès aux universités nationales, elle a été, à l’instar d’autres étudiants chinois, « exportée » à Taïwan. Diplômée de peinture, elle émigre en France, où elle suit un nouveau cursus en peinture avant de s’inscrire à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, dont elle sort titulaire d’un master européen en 2006. Motivée par le désir de comprendre, de déconstruire et de réinventer les notions de foyer familial, d’identité culturelle et d’expression photographique, Minstrel Kuik travaille à partir de clichés qu’elle prend de sa famille, de sa ville natale et de son lieu de vie. Outre la Malaisie, elle a exposé en Indonésie, en Europe et aux États-Unis.

Bien que l’Asie du sud-est se situe à un carrefour culturel, rares sont les photographes originaires de cette partie du monde qui ont abordé son caractère hybride et l’ont associé à leur vécu. De ce fait, Minstrel Kuik, qui a passé douze ans à l’étranger, constitue une exception.
« En Malaisie, nous parlons peu de culture. La nourriture est au cœur de nos préoccupations. Pour moi, elle est devenue une sorte de repère culturel, observe-t-elle. Ma mère m’a transmis énormément de choses, notamment la manière de cuisiner et le goût pour le poisson. Je mange de tout où que j’aille. Ma culture est mixte. »
Pour Minstrel, cette mixité s’inscrit aussi dans le fait qu’elle ne ressent aucune affinité avec une certaine photographique traditionnelle. Dans la série Mer.rily, Mer.rily, Mer.rily, Mer.rily, entamée après son retour en Malaisie fin 2006, elle intègre diverses approches et attache une grande importance à l’édition des images, processus organique et réfléchi. Certaines évoquent un journal intime ; d’autres sont plus construites. Toutes sont truffées de références. Le poisson cru et les fruits tropicaux sont photographiés comme autant d’installations « trouvées », soulignant des correspondances entre sculpture et photographie. Le bras de Minstrel tendu au-dessus d’une rangée de mandarines, symboles de la culture chinoise, évoque le motif de la rupture chez les Chinois de Malaisie. Le sentiment d’éloignement que Minstrel a pu ressentir vis-à-vis de ses origines trouve un écho dans celui qu’elle éprouve en ne cessant d’explorer ses obsessions via la photographie : elle sort ainsi de la routine liée à son statut de femme, de professeure et d’artiste.

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