Photoquai

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Bibliothèque nationale de France

Formation rocheuses, Yoichi, Hokkaido, japon, 2002
Formation rocheuses, Yoichi, Hokkaido, japon, 2002
Moai, Etude 16, Iles de Pâques, Chili, 2000
Moai, Etude 16, Iles de Pâques, Chili, 2000
Centrale électrique de Ratcliffe, Etude 41, Notting hamshire, England
Centrale électrique de Ratcliffe, Etude 41, Notting hamshire, England

Rétrospective

Michael Kenna

Du 13/10/09 au 24/01/10
Site Richelieu – Galerie de photographie
Commissaire : Anne Biroleau, conservateur général aux départements des Estampes et de la photographie de la BNF

La BnF consacre à l’automne 2009 une exposition au photographe anglais Michael Kenna. Cette rétrospective retrace sa carrière en quelque 200 photographies permettant de mesurer l’évolution de son style reconnaissable entre tous, la liberté de ses partis pris et le raffinement de ses tirages.

Né en 1953 à Widnes, ville industrielle du Lancashire, Michael Kenna est un voyageur photographe. A l’écart des phénomènes de mode et du dogmatisme esthétique, Kenna a bâti un corpus centré sur la question du paysage, un paysage enclos dans le format de la miniature, un paysage désert. La présence de l’homme s’y inscrit parfois « en creux », d’une manière étrange, fantomatique, par les traces subtiles ou douloureuses qu’il imprime sur le monde.

La révélation de la nature naît dans son travail de longues poses et de prises de vues nocturnes ou réalisées à la lumière de l’aube et du crépuscule qui exalte les contrastes de texture, de matière. La rhétorique du clair et du sombre, savante et raffinée, gouverne son œuvre.

Le « pays noir » industriel issu du XIXe siècle et ses poussières de charbon, ses villes sombres parcourues de voies ferrées, surplombées des hauts fourneaux, les structures massives des centrales nucléaires, voisinent avec les brumes mystérieuses de la campagne anglaise. Sous son objectif, les lignes géométriques des jardins formels du 18e siècle français ou russe nous rappellent que la nature et le paysage sont avant tout des constructions culturelles.

Les rivages et les îles inspirent à ce contemplatif solitaire des « Marines » où le pittoresque s’efface devant le mystère des éléments naturels. Sous le regard de Kenna, l’Ile de Pâques ou le Mont-Saint-Michel retrouvent l’enchantement et la charge magique des espaces sacrés qu’ils furent à l’origine. Les œuvres récentes tendent à la stylisation et l’épure, dans les paysages du Japon et de Chine. Le signe graphique se substitue au figuratif.

La description, chez Kenna, laisse toujours une large place à la suggestion, à la rêverie du « regardeur ». « En photographie, je me considère plus proche du haïku que de Joyce. » Kenna n’impose aucun message, il offre la liberté d’un voyage en photographie.

Exposition dans le cadre de Paris Photo

site de la Bibliothèque nationale de France