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Monnaie de Paris

Javad Montazeri
Javad Montazeri

Iran 1979 – 2009 : entre l’espoir et le chaos

30 ans de photographie documentaire iranienne

Du 6/11/09 au 20/12/09
Direction artistique : Anahita Ghabaian Etehadieh
Commissariat : Bahman Jalali, Hasan Sarbakhshian

La Monnaie de Paris a choisi de montrer les trois plus récentes générations de photographes iraniens entre la Révolution islamique de 1979 et 2009.

Selon le parti pris anti-chronologique de leur présentation dans l’exposition – des plus jeunes aux plus anciens –, ces photographes proposent leurs regards sur l’évolution des complexités sociales et individuelles d’un pays marqué par les conflits : conflit interne de la Révolution, guerre avec l’Irak, contentieux avec la communauté internationale, conflit entre génération et entre sensibilités politiques, etc…
Influencée par les médias, notamment les télévisions étrangères ou Internet, la jeune génération ne se réunit plus autour des thématiques de la guerre ou de la Révolution, qui ont été les événements tragiques marquants de l’Iran des années 70 et 80 ; elle s’intéresse au contraire à la vie quotidienne, comme l’illustrent les images intimistes de chambres ou de la jeune fille maquillée de boue qui affronte la réaction des passants.

La génération intermédiaire a bénéficié de l’assouplissement politique et de l’ouverture culturelle mis en œuvre par le président de la République Mohammad Khatami, élu en 1997 : de nombreux journaux, hebdomadaires et quotidiens ont alors vu le jour, favorisant ainsi l’essor du photojournalisme. Le « Département Photographie de l’Université », créé seulement dans les années 80, a largement contribué à la formation de ces photographes dont plus de 15 000 sont aujourd’hui diplômés.

Les artistes les plus âgés, qui clôturent l’exposition, sont en revanche pour la plupart autodidactes. Leur travail, ancré dans une période douloureuse de l’Iran, reste source d’inspiration pour les générations suivantes. Leurs images de guerre en noir et blanc conservent tout leur impact. Parmi ces talents, Jahanguir Razmil a obtenu le Prix Pulitzer en 1980 pour une image politique qui aurait pu lui coûter la vie ; il compte parmi les premiers à avoir touché ainsi le reste du monde.

Toutefois, les photographies de l’exposition sont passées au crible de l’autocensure des artistes qui, pour plus de la moitié d’entre eux, collaborent actuellement avec des agences internationales de photographie : cela témoigne des tensions persistantes dans la société civile et politique de l’Iran contemporain. L’engouement actuel des professionnels pour la photographie contemporaine iranienne illustre sa maîtrise, sa sincérité et sa sensibilité malgré les restrictions de cette autocensure.

Artistes exposés : Abbas Kowsari, Hasan Sarbakhshian, Ali Zare, Jamshid Bayrami, Mohammad Farnood, Omid Salehi, Javad Montazeri, Reza Moattarian, Majid Saeedi, Babak Bordbar, Mahbobeh Karamali, Mahdieh Moradi, Mastery Farahani, Mohammad Kheirkhah, Newsha Tavakkolian, Laleh Sherkat, Ali Freidoni, Kaveh Kazemi, Amir ali Javadian, Tooraj Khamenehzadeh.

site de la Monnaie de Paris