Stéphane Martin
Préface de Stéphane Martin

- Stéphane Martin © musée du quai Branly, photo Greg Semu
En 2009, le musée du quai Branly a eu 3 ans. Depuis son ouverture, le 23 juin 2006, 4 520 000 visiteurs sont venus admirer la richesse des collections et la beauté des œuvres, nous adressant leurs félicitations et leurs encouragements, leurs souhaits et leurs observations. D’une manière générale, les grands choix effectués par le musée du quai Branly ont été bien reçus, comme celui de réserver, à côté des collections anciennes, une place significative à l’art contemporain. Né du refus d’une conception aristocratique des savoirs instaurant une hiérarchie des peuples et des arts, le musée récuse l’idée que le terme d’art extra-européen désigne un état primitif ou « premier » de la création artistique. Il continue ainsi à célébrer la vitalité de la production contemporaine dans les pays d’origine de ses collections.
C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité créer, en 2007, une biennale dédiée à la photographie. Un tel événement a semblé la meilleure manière d’examiner quelles formes prend aujourd’hui le dialogue interculturel, servi par l’utilisation des médias modernes. Le succès rencontré lors de la première édition de Photoquai, nous invite à poursuivre ce voyage à travers la photographie non occidentale, et à prolonger également sa durée d’un mois. Du 22 septembre au 22 novembre 2009, la deuxième édition de cet événement international dévoile d’autres regards actuels sur le monde, et rend compte de la diversité des manières de percevoir le monde non-occidental aujourd’hui, de l’intérieur, par les artistes qui y vivent, loin des clichés que véhicule souvent une certaine photographie touristique. Aussi, les photographes voyageurs européens et occidentaux laissent-ils la place à des artistes issus des pays concernés et encore jamais montrés en Europe.
La direction artistique de cette deuxième édition est confiée à Anahita Ghabaian Etehadieh, galeriste iranienne et fondatrice de la Silk Road Gallery, lieu unique, dans son pays, dédié spécifiquement à la photographie. Pour faire de Photoquai une grande « biennale des images du monde », elle a fait appel à des commissaires étrangers spécialistes de la photo et à des personnalités du monde de la photographie à Paris. Ainsi, Photoquai invite à découvrir des artistes désireux d’apporter une vision personnelle de leur monde, parfois intime et souvent surprenante, en décalage avec certains de nos repères.
Photoquai a donc pour objectif de partager, de confronter aussi, différentes images de la modernité. C’est pourquoi, je suis heureux que plusieurs autres institutions aient souhaité s’y associer, soit en renouvelant leur engagement auprès du musée du quai Branly - telle que l’Ambassade d’Australie -- soit en s’associant pour la première fois à cette grande biennale des images du monde - tels que le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris ou la Maison de la culture du Japon. Le visiteur est invité à une promenade insolite, qui le conduit sur les bords de Seine, quai Branly, pour une découverte des œuvres de 50 photographes contemporains exposées en extérieur. Promenade qui se poursuit au musée du quai Branly pour une présentation de 165 ans de photographie iranienne, au cœur du plateau des collections ; et au pavillon des Sessions, où des Portraits croisés, photographies du musée du quai Branly dialoguent, se confrontent et entrent en résonance avec les œuvres exposées. Photoquai poursuit sa route, confirmant ainsi naturellement sa place parmi les grands rendez-vous de la vie culturelle parisienne.
Stéphane Martin,
Président du musée du quai Branly


