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Photo People on the Qingnian Road-Lost Desire (1)

Pays
Chine
Photopraphe
Mingyi Luo
Nom de la photo
People on the Qingnian Road-Lost Desire (1)

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Photo qui représente People on the Qingnian Road-Lost Desire (1)

© Mingyi Luo © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Mingyi Luo

Né en 1958 à Chengdu, capitale de la province chinoise du Sichuan, Mingyi Luo est photographe, architecte d’intérieur et peintre depuis bientôt trente ans. Sa ville est son champ d’investigation, notamment à travers ses aspects collectifs et sociaux, qu’il s’agisse des SDF, des travailleurs migrants, des rites funéraires ou de la Bourse locale. Son sujet People on the Qingnian Road – Lost Desire a reçu le prix spécial du jury au Festival international de Lianzhou, en 2010.

1991-1999 : c’est un moment particulier de l’évolution de la société chinoise que Mingyi Luo documente. Il est l’un des rares, le seul peut-être, à avoir conservé une telle mémoire et ainsi contribué à l’écriture de l’Histoire au quotidien. Il s’est concentré sur deux rues de Chengdu, Qingnian Road et Chunxi, dont le commerçant qu’il a été connaît bien l’ambiance, les boutiques débordant sur les trottoirs et la clientèle. Pendant dix ans, il a photographié, en noir et blanc et au carré, l’irruption dans la province d’une garde-robe occidentale immédiatement adoptée, de façon souvent maladroite, par une population qui trouvait là une façon d’échapper à l’uniforme jadis imposé par le régime de Mao. Affirmations d’identité, de singularité, de liberté autant que signes d’adaptation à la mode occidentale, chapeaux et pantalons à pinces prêtent à sourire, mais dessinent un changement en profondeur. Une forme de protestation calme qui atteste de l’apparition d’une classe moyenne. S’il ne s’agit en rien d’une révolte, ce phénomène peut tout du moins se lire comme une révolution des esprits.
Au-delà de cet aspect sociologique, c’est évidemment l’approche esthétique et photographique qui frappe. Instants volés, choix du noir et blanc qui évite l’anecdote, cadrages serrés et, surtout, utilisation du grand angle – peu courant avec le format carré – donnent au spectateur l’illusion de plonger dans la foule, de s’immerger dans le mouvement.
Mingyi Luo revendique la proximité de cette série documentaire à l’efficacité redoutable, qui se concentre sur les signes et l’acuité du regard, avec le travail de William Klein, qu’il découvrit tardivement à travers l’un de ses livres. Le photographe japonais Nobuyoshi Araki a salué la pertinence de cette série avant même qu’elle ne soit reconnue.

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