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Photo Tibetan exiles (1)

Pays
Singapour
Photopraphe
Edwin Koo
Nom de la photo
Tibetan exiles (1)

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Photo qui représente Tibetan exiles (1)

© Edwin Koo © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Edwin Koo

Né en 1978, le photojournaliste Edwin Koo a couvert pendant cinq ans l’actualité et les sujets de société pour un jeune journal de Singapour. Il devient free-lance en août 2008 et s’installe au Népal, où une monarchie bicentenaire vient de laisser la place à un gouvernement maoïste. C’est son intérêt pour les populations déplacées qui l’a entraîné à la rencontre des exilés tibétains, qui sont aujourd’hui 20 000 au Népal.

« Il s’est écoulé plus d’un demi-siècle depuis le 10 mars 1959, qui a vu l’armée chinoise envahir le Tibet et contraindre le dalaï-lama à l’exil. Dans les années qui ont suivi, 80 000 de ses compatriotes ont quitté le pays pour échapper aux persécutions. Quelque 140 000 Tibétains vivent à présent aux quatre coins du monde, mais tous ne sont pas allés aussi loin. Certains pensaient leur exil temporaire et se sont installés au Népal. J’ai commencé à m’intéresser à eux à l’occasion du cinquantième anniversaire du soulèvement, lorsqu’un rassemblement devant l’ambassade de Chine à Katmandou fut sévèrement réprimé par la police. Le calme revenu, je me suis demandé ce qui pouvait lier les Tibétains de la deuxième et de la troisième génération à leur phayul, leur “mère patrie”, où ils n’avaient jamais mis les pieds. Que signifiait cette croisade obstinée pour le Tibet libre ? Après tout, le Tibet d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui que les anciens ont fui il y a cinquante ans. À Lhassa résident désormais plus de Chinois de l’ethnie han que de Tibétains. Un drapeau chinois flotte devant le palais du Potala. Et Lhassa est devenue une ville touristique, au même titre, d’ailleurs, que Dharamsala, la résidence indienne du dalaï-lama. Les Tibétains de l’étranger ont recréé des communautés actives et peuvent vénérer leur chef spirituel sans risque. Au Tibet, posséder une photo du dalaï-lama est un délit passible de prison. Alors ? La réponse tient en un mot : la lutte. Le Tibet en tant qu’idéal est très vivace dans le cœur des gens que j’ai photographiés.
Je suis issu de trois générations de Chinois han établis à Singapour, où j’ai grandi. Ma maison est à Singapour, pas en Chine. Mais, en observant les Tibétains reconstruire leur pays sur une terre étrangère, j’ai perçu l’autre sens du mot “maison”. Et je me suis posé la question : Singapour est-elle vraiment ma “mère patrie” ? Après deux ans passés au Népal, je n’en suis plus tout à fait sûr. »

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