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Photo Albinos (1)

Pays
Tanzanie
Photopraphe
Mwanzo Millinga
Nom de la photo
Albinos (1)

Photo actuelle :

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Photo qui représente Albinos (1)

© Mwanzo Millinga © musée du quai Branly, Photoquai 2011

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Mwanzo Millinga

Né en 1967, Mwanzo Millinga pratique la photographie depuis 1994, et l’enseigne au Flame Tree Media Trust de Dar es Salaam, en Tanzanie. Admirateur de la peinture « tridimensionnelle » de Picasso, il se dit influencé par Sebastião Salgado, dont il apprécie particulièrement le travail sur les mineurs brésiliens, et par Henri Cartier-Bresson, cherchant comme lui « l’instant décisif ». Ainsi, il travaille à la lumière naturelle, pour mieux restituer l’atmosphère des scènes qu’il photographie.

« C’est l’admiration que je leur porte qui m’a conduit à photographier les personnes atteintes d’albinisme, ce défaut héréditaire de pigmentation caractérisé par des cheveux, des yeux et une peau extrêmement pâles. Leur fragilité fait qu’ils meurent généralement autour de 40 ans, principalement de cancers de la peau ou de brûlures causées par le soleil. Ils souffrent également de problèmes comme le nystagmus, une succession de petits mouvements oculaires involontaires et saccadés. En Tanzanie, où une croyance tenace leur attribue des pouvoirs magiques, les albinos sont persécutés. Dans la région des Grands Lacs, frontalière avec le Burundi, des charlatans vendent aux mineurs et aux pêcheurs amulettes et potions confectionnées à partir de morceaux de peau, de cheveux ou d’organes d’albinos, promesses de bon filon et de pêche miraculeuse. Pour se procurer la matière nécessaire à leur épouvantable commerce, les sorciers payent des tueurs qui traquent les albinos à travers tout le pays.
57 personnes atteintes d’albinisme auraient été assassinées ces dernières années en Tanzanie. Vivant dans l’insécurité permanente, les albinos de ce pays n’ont d’autre choix que de rester cloîtrés chez eux, sans pouvoir travailler pour gagner leur vie. Je suis donc allé photographier ceux qui, fuyant leur foyer, ont trouvé refuge au Centre de Kabanga, à Kasulu, dans la province de Kigoma. Je leur ai tendu un cadre, à manipuler à leur guise, comme un symbole de leur vie entre quatre murs. Je suis convaincu que la beauté résulte de deux composantes : intérieure, qui inclut la personnalité, l’intelligence, la grâce, la politesse, le charisme, l’intégrité, l’élégance, et physique, qui englobe la santé, la jeunesse, la symétrie du visage et le teint. Les albinos ne dérogent pas à ces critères et méritent d’être chéris pour ce qu’ils sont : beaux. »

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